Le président Barrow a réaffirmé hier l’attachement de son gouvernement à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs dans le cadre de la tenue en Gambie de la première Conférence Tripartite sur les principes du Commonwealth (dits du Latimer House). Cette conférence a réuni les organes exécutif, législatif et judiciaire du gouvernement sur une plateforme commune.
Cette conférence qui a duré trois jours a été organisée par le Bureau du Greffier de l’Assemblée Nationale au Centre de Conférence Internationale Sir Dawda Kairaba Jawara à Bijilo. Le thème de la conférence était : “Préservation de l’Etat de droit et de la Stabilité Démocratique : Un Engagement Tripartite pour les principes du Commonwealth (dits du Latimer House) en Gambie.’’
Cette réunion historique visait à approfondir la coopération entre les trois organes du gouvernement tout en sauvegardant leur indépendance constitutionnelle et en consolidant le règne de la démocratie dans le pays
Au cours de son discours devant les délégués, le président Barrow a annoncé que cette conférence est une étape historique dans le parcours démocratique de la Gambie. Il a indiqué que l’enracinement de la démocratie n’est possible que lorsque les trois organes exécutif, législatif et judiciaire du gouvernement, agissent de manière indépendante tout en travaillant ensemble au nom de l’intérêt national.
« La force de la nation ne réside nullement dans l’hégémonie d’une seule institution, mais plutôt dans l’équilibre entre les trois organes du gouvernement, » a révélé le président Barrow.
Il a observé que les principes du Commonwealth (dits du Latimer House) préconisent l’indépendance des institutions, la responsabilisation, la transparence et le respect de l’Etat de droit. Des valeurs qui, a poursuivi le président Barrow, sont fondamentales à la consolidation de la démocratie en Gambie.
Selon le président, la conférence donne une importante plateforme de dialogue et de coopération étant donné que le pays continue de bâtir des institutions démocratiques résilientes capables de préserver les droits civiques, de maintenir un développement durable et de garantir la justice.
« Au fur et à mesure que nous poursuivons cet important dialogue, nous devons réaffirmer notre attachement collectif à la démocratie, à la Constitution et à l’Etat de droit, » a-t-il exhorté.
Le juge en chef Hassan B. Jallow a déclaré que cette conférence est un moment historique pour les progrès constitutionnels de la Gambie car elle reflète un engagement partagé pour le renforcement de la démocratie et assure que chaque organe du gouvernement remplisse son mandat constitutionnel tout en respectant leur indépendance institutionnelle.
Il a mis un accent sur le fait que l’indépendance judiciaire n’est pas un privilège pour les juges mais un pilier constitutionnel conçu pour la protection des droits et libertés des citoyens.
« L’indépendance judiciaire existe afin de garantir que chaque citoyen et résident de la Gambie soit traité de manière impartiale devant la loi et selon les preuves disponibles, » a attesté le juge en chef de la Gambie.
Le juge en chef a souligné qu’aucune institution ne doit bénéficier d’une hégémonie sur les autres institutions étant donné que la vigueur d’une démocratie dépend de toutes les institutions publiques remplissant leurs fonctions dans les limites prescrites par la constitution, et ce, tout en rendant des comptes au peuple.
Il a également salué la mise en place d’une structure de concertation entre les responsables des trois organes du gouvernement. Selon le juge en chef, cela est une importante étape vers l’amélioration de la coordination entre les trois organes du gouvernement et la consolidation des principes constitutionnels.
Le président de l’Assemblée Nationale, Fabakary Tombong Jatta, a déclaré que la conférence procure aux trois organes du gouvernement une opportunité unique de mener des réflexions collectives sur leurs responsabilités constitutionnelles et de développer des mécanismes de coopération clairs et palpables sans compromettre leur indépendance institutionnelle.
« La séparation des pouvoirs ne doit jamais être considérée comme la séparation des objectifs, » a réitéré le président de l’Assemblée Nationale.
Il a remarqué que le Parlement ne peut remplir efficacement ses fonctions régulatrices sans un pouvoir exécutif responsable et un système judiciaire bénéficiant de la confiance du public.
Le président de l’Assemblée Nationale a exprimé son optimisme que la conférence produirait des résultats tangibles, y compris un Plan d’Intervention National en vue de la mise en œuvre des principes du Commonwealth (dits du Latimer House) en Gambie.
Le président de l’Assemblée Nationale a également rendu un vibrant hommage au juge en chef Hassan B. Jallow en prélude à sa retraite plus tard cette année. Le président de l’Assemblée Nationale a salué sa contribution exceptionnelle à l’indépendance de la justice, aux principes constitutionnelles et à l’Etat de droit.
Le greffier de l’Assemblée Nationale, Kalipha M.M. Mbye, a affirmé que cette conférence est un moment décisif de l’évolution de la Gambie vers une démocratie représentative. Il a ajouté que c’est la première fois que les trois organes du gouvernement ont délibérément convenu de tenir des discussions sur la mise en œuvre effective des principes du Commonwealth (dits du Latimer House).
« Cette conférence n’est pas due au hasard. C’est le résultat de profondes concertations et d’une collaboration soutenue entre les trois organes du gouvernement, » a déclaré Mbye.
Il a précisé que cette conférence vise à renforcer les rapports constitutionnels plutôt que de redéfinir les mandats constitutionnels.
Il a révélé que des résultats sont attendus de cette conférence, notamment le développement d’un Plan d’Intervention National pour la mise en œuvre des principes du Commonwealth (dits du Latimer House), la publication d’un Communiqué Tripartite et la signature d’un Protocole d’Accord, et ce, en vue d’institutionnaliser un cadre de concertations régulières entre les trois organes du gouvernement.
Selon lui, ces instruments serviront de mécanismes de gouvernance qui permettront de renforcer les principes constitutionnels et de consolider la démocratie.
Le professionnel du droit, Maitre Ousman Jammeh, a souligné l’importance des principes du Commonwealth (dits du Latimer House) dans la sauvegarde de l’indépendance de la justice, de l’autonomie parlementaire, de la responsabilisation dans la chaine de gouvernement, et de la transparence.
Suite à de profondes réflexions sur le parcours démocratique de la Gambie avant et après 2016, Maitre Ousman Jammeh a déclaré que la séparation des pouvoirs est essentielle pour la prévention des abus d’autorité et pour pérenniser la bonne gouvernance.
Il a observé que la transition démocratique de la Gambie a été inspirée par le désir des citoyens de restaurer l’hégémonie constitutionnelle, l’Etat de droit et une gouvernance responsable suite à des années de dysfonctionnements institutionnels.
« Le système de contrôle et de contrepoids régissant les rapports entre les trois organes du gouvernement est indispensable pour une démocratie forte et durable, » a-t-il annoncé.
Les principes du Commonwealth (dits du Latimer House), adoptés par les Chefs de Gouvernement du Commonwealth en 2003, fournissent des lignes directives internationales claires sur les rapports entre les trois organes du gouvernement. Ils préconisent l’indépendance judiciaire, l’autonomie parlementaire, la responsabilisation dans la chaine de gouvernement et le respect de l’Etat de droit tout en encourageant des discussions constructives entre les trois organes de l’Etat.
Compte tenu du fait que la Gambie poursuit son programme de réformes démocratiques, les participants ont exprimé l’espoir que cette conférence stimulera le renforcement de la coopération entre les institutions gouvernementales, consolidera les principes constitutionnels et positionnera le pays comme un modèle pour les meilleures pratiques démocratiques au sein du Commonwealth.