Trois Sociétés de Commercialisation de Pétrole ont confirmé que des camions-citernes contenant du carburant contaminé ont été renvoyés au Dépôt de Carburant de Mandinari. Cette démarche de ces sociétés de commercialisation de carburant a causé de grosses inquiétudes dans le milieu de l’industrie pétrolière de la Gambie.
Selon certaines sources, les produits pétroliers distribués au dépôt ont été l’objet d’un contrôle de routine qui a permis de déceler des déficiences dans une récente cargaison de pétrole. Cette découverte a suscité un malaise parmi les acteurs de l’industrie pétrolière de la Gambie, dans la mesure où plusieurs sociétés de commercialisation de pétrole ont confirmé le renvoi de plusieurs cargaisons de pétrole en raison de doutes sur la qualité des produits.
Tandis que la nature exacte de la contamination reste à élucider, certains acteurs de la filière suggèrent une possible infiltration d’eau dans les cargaisons de pétrole ou des conditions de stockage aléatoires, deux facteurs susceptibles d'affecter gravement les performances des moteurs et de présenter des risques pour les consommateurs.
Mr Pa Ousman Touray, le directeur des opérations au Dépôt de Carburant de Mandinari, a rejeté les rumeurs selon lesquelles les cargaisons de pétrole approvisionnées au dépôt ont été contaminées. Cependant, des sources au sein de l’Administration Fiscale de la Gambie (GRA) et au dépôt principal de carburant de la Gambie ont confirmé que certains camions-citernes dont les cargaisons ont été contaminées n’ont pas été autorisées à effectuer leurs livraisons et ont dû rebrousser chemin.
Ces sources ont également révélé que le dépôt est présentement au niveau ‘zéro du PMS’. Selon ces sources, « Il existe une énorme quantité de pétrole qui aurait du être déversée dans les réservoirs du dépôt, mais cela n’a pas été possible car il a été découvert que le carburant est contaminé. L’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA) aurait dû mener une enquête afin de découvrir la source de cette contamination et informer le public dans un communiqué. »
Le directeur général de Gam Petroleum n'a pas répondu aux appels, mais des employés du dépôt ont affirmé que de l'eau avait été ajoutée au carburant. Les Sociétés de Commercialisation du Pétrole concernées ont toutefois contesté cette affirmation, insistant sur le fait que le contaminant était à base d'huile.
Une source proche du dossier a déclaré : « C'est exactement pour cette raison que nous avons renvoyé les camions-citernes concernés. Ils essaient de dissimuler la vérité. L'essence est naturellement sèche et ne laisse pas de taches lorsqu'elle est exposée à l'air. Mais le produit renvoyé a laissé des taches d'huile. S'il s'agissait d'eau, elle se serait déposée au fond. »\
Selon les Sociétés de Commercialisation du Pétrole, les conducteurs se plaignent depuis longtemps de la contamination de l'essence. « Nous avons maintenant confirmé que la faute incombe au dépôt. Au lieu de recycler le carburant contaminé, ils le distribuent aux Sociétés de Commercialisation du Pétrole, ce qui crée des problèmes généralisés », a déclaré un opérateur.
Une source haut placée a lancé cette mise en garde : « La qualité du carburant est directement liée à la santé publique et à la stabilité économique. Tout manquement peut avoir de graves conséquences. »
Le dépôt de carburant de Mandinari, plaque tournante essentielle du réseau de distribution pétrolière de la Gambie, approvisionne plusieurs Sociétés de Commercialisation de Pétrole dans tout le pays. Mr Modou Ceesay, ingénieur de profession, a révélé que cette contamination, si elle était confirmée, pourrait avoir des répercussions, allant des dommages mécaniques aux véhicules et aux groupes électrogènes aux pertes financières pour les entreprises et les ménages.
Contacté, le ministre de l'Énergie, Mr Nani Juwara, a déclaré avoir confirmé auprès du directeur des opérations du dépôt que les informations faisant état d'une contamination étaient fausses.
Dans la même veine, certaines Sociétés de Commercialisation du Pétrole ont critiqué l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA) pour ne pas avoir pris de mesures décisives. L'absence d'un point de référence national fiable en matière de tests a encore affaibli la crédibilité du régulateur, laissant les opérateurs dans l'incapacité de contrer les allégations avec des données nationales faisant autorité.
Les tentatives pour joindre le directeur de Gam Petroleum, Mr Yerro Jallow, et le directeur général de l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA), Mr Njogu Bah, ont été vaines.
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