Dans une décision qui a suscité la surprise, le ministre de la Justice, Dawda A. Jallow, a retiré lundi le projet de loi très controversé sur les contrôles de sécurité, un élément clé des réformes plus larges du secteur de la sécurité engagées par le gouvernement. Cette législation visait à renforcer la confiance et l'intégrité au sein de l'appareil sécuritaire gambien et à garantir la responsabilité des personnes ayant accès à des informations classifiées.
Le projet de loi proposait la création d'une agence indépendante chargée de superviser les contrôles de sécurité et de gérer la délivrance des habilitations pour le personnel gouvernemental afin d'unifier les processus de contrôle de sécurité à l'échelle nationale et de protéger les informations sensibles, tout en renforçant la confiance du public dans les institutions gouvernementales.
Cependant, le retrait soudain du projet de loi a laissé perplexe l'honorable Sainey Jawara, membre de Lower Saloum, qui a contesté en détail la décision du ministre, remettant en question à la fois le bien-fondé et le processus.
« Si un projet de loi est présenté au Parlement, il est accompagné d'objectifs et de motifs. On nous explique pourquoi il existe, pourquoi il est important et ce qu'il vise à accomplir. Si ce même projet de loi doit maintenant être retiré, ne devrions-nous pas recevoir une explication claire sur ce retrait ? N'est-ce pas une question de transparence et de responsabilité ? »
Mr Jawara a souligné que le retrait semblait contourner l'examen approfondi que méritait le projet de loi. Il a invoqué les procédures parlementaires, notamment l'article 76 du règlement intérieur, pour faire valoir que la motion visant à retirer un projet de loi doit suivre un protocole prescrit, en particulier si celui-ci n'a pas encore été lu une troisième fois ou s'il est en cours d'examen par une commission. « Qui est responsable ici, qui décide quels projets de loi sont adoptés et lesquels sont retirés sans explication appropriée ? », a-t-il insisté, soulignant de sérieuses préoccupations concernant les abus de pouvoir de l'exécutif et l'équité procédurale.
Le député a invoqué les règles de procédure prévues à l'Article 76 du règlement intérieur et a demandé une décision du président de l’Assemblée Nationale.
Le président de l’Assemblée Nationale a promis de rendre une décision sur la question mercredi.