Au cours de son discours d’ouverture, le ministre a déclaré que ce rassemblement entre dans le cadre d’une stratégie délibérée du Ministère de l’’Intérieur visant non seulement à renforcer la coordination entre le ministère et les institutions sous sa tutelle, mais à consolider également la coopération entre les services de sécurité. Il a rappelé aux participants que leur mission est simple mais exigeante; veiller au bien-être et à la sécurité du peuple de la Gambie, dont ils ont le devoir d’assurer la sérénité et la tranquillité.
Le ministre de l’intérieur a présenté sa vision « d’une Gambie où tous les résidents se sentent en sécurité, avec des frontières dotées d’infrastructures de pointe permettant de réguler de manière omnipotente les mouvements des populations, un système carcéral qui préserve la dignité humaine, et un processus de production et de gestion efficace et sécurisé des cartes nationales d’identité. »
Il a insisté sur le fait que le ministère ne saurait à lui-seul transformer cette vision en réalité. Cela nécessiterait l’engagement et l’influence des institutions sécuritaires.
Il a poursuivi pour révéler que le ministère traverse en ce moment une période de reformes et de restructuration sans précédent visant à améliorer les performances et à consolider les acquis. Selon lui, ces réformes ont pour but d’améliorer le rendement des services de sécurité bien qu’elles nécessitent la prise de décisions difficiles mais indispensables. De telles décisions, il a reconnu, affectent souvent les institutions et personnalités et suscitent naturellement un mouvement d’opposition, dans la mesure où ces personnalités redoutent la perte de leurs privilèges et confort.
Cependant, le ministre a été clair sur la détermination de son équipe à produire des résultats et n’hésiteront point à prendre des décisions qu’ils estiment nécessaires pour faire de la Gambie un pays plus sécurisé et tranquille.
Il a assuré les participants que ces réformes ne visent pas particulièrement certaines personnalités, mais sont plutôt destinées à établir des institutions fortes, indépendantes et responsables qui veilleront sur les intérêts de la nation.
Il a décrit ces réformes comme étant un processus de transformation et de régénération des méthodes, normes et pratiques, faisant observer que les institutions qui s’adaptent aux nouvelles réalités sont plus disposées à réussir que celles qui restent statiques. Dans une ère de transformation technologique rapide, il a prévenu, les institutions qui sont récalcitrantes aux reformes risquent d’être dépassées par les réalités du monde moderne et de se retrouver de ce fait incapables de répondre aux besoins sécuritaires du monde contemporain.
Le ministre de l’intérieur a souligné que ce vent d’opposition au changement au sein des services de maintien de l’ordre n’est pas passé inaperçu, exhortant les agents des services de sécurité à faire de ces reformes une question de priorité. Il a incité les participants à faire preuve de courage et à embrasser le changement, car l’objectif visé n’est réalisable que s’ils travaillent ensemble et accélèrent le processus de réformes.
Il a noté que le public s’impatiente de plus en plus, car les citoyens réclament une prompte intervention des services de sécurité contre les crimes de tous genres. « Ils veulent que nos villes soient sécurisées contre la drogue, les vols et accidents. Nous devons combattre les effets nocifs de la drogue sur nos jeunes ; nous devons produire des résultats, nous devons remplir cette mission. Cela est notre seule et unique option. »
Le ministre a rappelé à la mémoire des participants que le président a signé un contrat social avec le peuple gambien et qu’il a placé sa confiance aux agences de sécurité afin qu’elles l’aident à remplir sa promesse. Un échec, a-t-il prévenu, serait une énorme source de désillusion pour le président car sa présidence en serait ternie, à tel point que c’est le pays entier qui en payerait le prix fort.
Le ministre de l’intérieur a mis l’accent sur la responsabilité collective, dans la mesure où aucune institution ne pourrait réussir à elle seule à mettre en œuvre ces réformes. Toutes les agences sécuritaires sont logées à la même enseigne. Il a donc plaidé pour la solidarité entre les agences de sécurité, insistant que chaque agence a été attribuée une mission régalienne spécifique, et ce, afin de promouvoir un esprit de travail d’équipe et prévenir les rivalités fâcheuses et gênantes.
Il a recommandé le respect mutuel et a demandé à ce que les agences de sécurité harmonisent leurs efforts afin de remplir leurs objectifs communs. « Nous devons triompher ou perdre tous ensemble, il n’existe aucune autre alternative. »
Le ministre Sanyang a déclaré que cette retraite fournit un espace pour un dialogue franc et respectueux. Il a exprimé l’espoir que les participants quitteraient Kartong avec une vision claire et distincte qui permettrait de rehausser les performances et de définir clairement un mécanisme de responsabilisation au sein des services de sécurité.
Il a conclu son discours en félicitant le directeur de cabinet et son équipe pour l’organisation de cette retraite, déclarant : « Nous sommes censés faire partie d’une même et seule équipe, et nous serons une équipe forte et performante que si nous restons unis et travaillons main dans la main. »