Mr Galo Saidy, le directeur général de la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité, a exhorté les politiciens à ne pas instrumentaliser les longues coupures d’électricité que connait le pays en ce moment à des fins politiciennes, insistant que la crise énergétique actuelle est la résultante de problèmes techniques survenus au niveau de la sous-région, au-delà des frontières de la Gambie, et donc échappant au contrôle de la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité (NAWEC).
Le directeur général de la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité (NAWEC) s’est exprimé ainsi au cours d’une interview téléphonique pendant l’émission radiophonique ‘Coffee Time with Peter Gomez’. Mr Saidy comprend la frustration du public, notamment en cette période de Tabaski, mais est de l’avis que nous devrions accorder la priorité à trouver des solutions à ce problème plutôt que d’en faire un enjeu politique.
« Je ne suis pas un politicien. Je suis un Gambien. Je suis là pour servir la Gambie. Nous traversons une période difficile. Mais il est absurde d’en profiter pour faire de la politique et agir comme si c’était la fin du monde. »
Le patron de la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité (NAWEC) a révélé que ces interruptions sont dues à des difficultés techniques affectant le réseau électrique régional de l'Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Gambie (OMVG), qui fournit de l’électricité à un nombre important de pays de la sous-région.
Selon lui, le Sénégal a récemment perdu plus de 100 mégawatts due à une sérieuse panne survenue dans une de ces centrales électriques, tandis que des difficultés d’approvisionnement en carburant impactent négativement la production d’électricité ailleurs dans la région.
« C’est une difficulté d’ordre technique qui échappe au control de la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité (NAWEC). Le Sénégal est obligé de rationner l’électricité, de même que la Guinée. Nous devons également procéder à un rationnement de l’électricité car le réseau électrique de l'Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Gambie (OMVG) est une chaîne de distribution régionale. »
Mr Saidy a insisté sur le fait que la Gambie ne dépend pas entièrement de l’électricité importée, observant que la production locale et l’énergie solaire nous permettent d’amoindrir l’impact de la crise régionale.
« Nous produisons de l’électricité nous-même grâce à notre centrale électrique, et nous disposons également d’une structure de production d’énergie solaire. Ces infrastructures nous aident réellement à produire et distribuer de l’électricité, » a-t-il déclaré.
« Nous savons que les gens ont besoin de leurs réfrigérateurs. C’est juste une question de mauvais timing. Cette situation nous est tombée dessus à un moment inopportun, » a-t-il ajouté.
Toutefois, il a soutenu que cette situation difficile est temporaire et devrait bientôt connaitre une amélioration.
« Nous avons été informés par nos fournisseurs que les choses retrouveront leur cours normal dans une semaine ou deux, » a-t-il déclaré.
Mr Saidy a répondu aux déclarations des groupements politiques issus de l’opposition. Il a fait valoir qu’aucun gouvernement ou parti politique n’aurait été à même d’apporter une solution immédiate à une panne technique survenue au-delà des frontières du pays.
« Nul ne pourrait disposer de l’habileté d’intervenir pour réparer un transformateur tombé en panne au-delà des frontières de ce pays. Aucune personne ou entité dans ce pays ne détient ce pouvoir car ce problème échappe totalement à notre contrôle. »
Il a également accepté les critiques contre la Compagnie Nationale d’Eau et d’Électricité (NAWEC) concernant leur manque de communication avec le public et a reconnu que l’institution doit faire plus pour informer les citoyens de ce pays que ce soit à travers les médias traditionnels ou les réseaux sociaux.
Malgré ces difficultés, Mr Saidy a exprimé sa conviction quant aux perspectives énergétiques de la Gambie sur le long terme.
« L’avenir est prometteur, je suis animé de la foi inébranlable que la Gambie sera un jour classée au haut du tableau dans le domaine de la prestation des services publics dans la sous-région. »