Les membres de l’Assemblée Nationale ont exprimé leurs préoccupations sur la hausse de la masse salariale du gouvernement, les coûts grandissants du service de la dette et le déclin des revenus non-fiscaux lors d’une séance de questions-réponses avec Mr Seedy Keita, le Ministre de l’Economie et des Finances. Cette séance a suivi sa déclaration sur l’exécution et la supervision du budget annuel.
Bien que le ministre ait mis en exergue les fortes performances du gouvernement en termes de revenus, un grand nombre de législateurs ont demandé avec insistance si la présente trajectoire fiscale est tolérable. Ils ont estimé que la hausse des factures publiques pourrait entrainer un déficit de ressources pour le financement des projets de développement et la prestation des services publics essentiels.
Le député de la circonscription de Brikama South, Lamin J. Sanneh, a signalé une baisse inquiétante des prévisions des revenus non-fiscaux du gouvernement. Il a noté que l’objectif pour l’année 2025 s’élevait initialement à 7 milliards de dalasis mais a été réduit à environ 5 milliards de dalasis dans le budget approuvé pour l’année 2026.
Le député a demandé si le gouvernement ne comptait plus sur les afflux en provenance des accords de recyclage d’actifs qui devaient stimuler les revenus. Il a également exprimé ses préoccupations sur la part de plus en plus prépondérante accordée aux salaires dans les dépenses publiques, exhortant le gouvernement à procéder à une restructuration rationnelle et efficace des salaires afin de garantir un salaire minimum pour les agents de la fonction publique.
Dans sa réponse, le ministre des finances a déclaré que la récente hausse de la masse salariale était largement due à une revalorisation des salaires mise en œuvre en 2025 visant à rehausser les salaires les plus modestes de la fonction publique.
Il a révélé que cette hausse n’avait pas été appliquée de manière systématique à tous les niveaux de la fonction publique. Elle concernait majoritairement les fonctionnaires qui figuraient au bas de l’échelle de la grille salariale.
Selon le ministre de l’économie et des finances, aucun fonctionnaire ne perçoit dorénavant un salaire mensuel inférieur à 6.000 dalasis, par rapport aux périodes précédentes où les salaires les plus modestes oscillaient entre 2.000 et 2.500 dalasis. Il a déclaré que due à cette revalorisation des salaires les plus modestes, les salaires de certains des fonctionnaires touchés ont connu une majoration de plus de 100 pour cent.
Le ministre a ajouté qu’une restructuration générale des salaires dépendrait des reformes présentement mises en œuvre, notamment sur les bilans des évaluations entreprises en ce moment même par le Ministère de la Fonction Publique visant à clairement identifier et répertorier tous les membres de la fonction publique ainsi que leur degré de compétence.
Il a également confirmé que la baisse des prévisions des revenus non-fiscaux était due au fait que des bénéfices qui devaient émaner des accords de recyclage d’actifs ne s’étaient pas matérialisés comme convenu.
Le député de la circonscription de Jeshwang, Sheriff Sarr, s’est interrogé sur le fardeau que constituent les intérêts surélevés. Le député a remarqué que les taux d’emprunts intérieurs avaient atteint environ 33 pour cent, ce qui selon lui, est vraiment excessif.
Le député de Jeshwang a également sollicité des éclaircissements sur les normes fiscales entourant les projets financés par les bailleurs de fonds. Il a fait part de ses préoccupations selon lesquelles des impôts seraient dorénavant prélevés sur les subventions et donations.
En réponse, le ministre a précisé que les fonds provenant des donateurs et bailleurs de fonds ne sont pas l’objet d’une taxe lorsqu’ils entrent dans le pays. Il a cependant révélé que les entrepreneurs et consultants travaillant sur des projets financés par les donateurs et bailleurs de fonds exercent une activité économique et sont par conséquent soumis au régime des impôts.
Il a poursuivi pour clarifier que les exonérations fiscales accordées aux donateurs et bailleurs de fonds ne s’appliquent nullement aux entrepreneurs privés et consultants travaillant sur ces projets.
Le ministre de l’économie et des finances s’est ensuite penché sur les coûts de la dette. Le ministre a reconnu que les paiements sur les intérêts de la dette avaient accru en raison des taux d’emprunts intérieurs précédemment surélevés. Toutefois, il a exprimé son optimisme que la situation connaitrait une amélioration suite à la récente réduction du taux de politique budgétaire à 14 pour cent.
Entre-temps, le député de Brikama North, Alhagie S. Darboe, a fait part de préoccupations générales sur la stabilité des finances publiques. Il a fait référence à des chiffres montrant des recettes de 33.3 milliards de dalasis, excédant ainsi les objectifs fixés de 103 pour cent.
Le député de Brikama était soucieux de savoir si cette hausse était principalement due à une réforme des mécanismes de collecte des revenus fiscaux intérieurs ou aux contributions des bailleurs de fonds au budget national, et si le taux de croissance des revenus pourrait être maintenu lors du prochain cycle fiscal.
Il a également questionné la hausse soudaine des dépenses publiques. Le député de Brikama a remarqué plusieurs augmentations dont celle de la masse salariale de 35 pour cent, celle des subventions et transferts de 36 pour cent, et celle des intérêts sur la dette intérieure de 33 pour cent.
Le ministre de l’économie et des finances a répondu que la croissance des revenus était due à l’amélioration du taux de conformité fiscale, la numérisation des systèmes de collecte des revenus, et à l’expansion de l’économie, qui a permis l’introduction de nouvelles activités économiques dans l’assiette fiscale.