Mr Buah Saidy, le gouverneur de la Banque Centrale de la Gambie, a tenté de dissiper les doutes du public concernant la vente de Megabank. Il a informé les députés que les 650 millions de dalasis injectés par le gouvernement dans les caisses de la banque ne constituent guère une perte mais plutôt une stratégie visant à stabiliser le système financier et protéger les contribuables.
Le gouverneur a fait cette déclaration lors de son apparition mardi devant la Commission des Finances et Comptes Publics de l’Assemblée Nationale dans le cadre de la poursuite des auditions du rapport de l’auditeur général sur les comptes publics datant de la période de 2021 à 2024. Mr Buah Saidy a déclaré que généralement la Banque Centrale de la Gambie ne vend pas des banques pour faire des profits, rejetant ainsi les allégations selon lesquelles la banque a été vendue à pure perte.
« Nous ne sommes pas une entité commerciale destinée à faire des profits. La loi régissant le fonctionnement de la Banque Centrale ne nous autorise nullement à mener des activités génératrices de profits; notre but principal est de prévenir la faillite des institutions bancaires, » a-t-il déclaré.
Il a révélé que les 650 millions de dalasis injectés par le gouvernement dans les caisses de Megabank étaient destinés à débarrasser la banque des actifs toxiques à travers le Mécanisme de Gestion des Actifs Recouvrés, séparant ainsi les créances douteuses de la partie rentable de la banque.
Selon lui, 60 millions de dalasis ont déjà été remboursés au gouvernement, 20 millions de dalasis sont présentement logés dans un compte bancaire au nom de l’Etat, tandis que les démarches visant à récupérer le reste des actifs se poursuivent.
Mr Saidy a insisté sur le fait que « Megabank est une institution financière viable », qui a été concédée à KM Holdings pour la somme de 15,25 millions de dollars suite à une évaluation menée par des experts.
Il a fait remarquer que la vente de la banque avait été jugée nécessaire car elle avait contribué à la hausse vertigineuse de Prêts non-performants et menaçait la stabilité du système financier.
Bien que le gouverneur ait clairement indiqué que la Banque Centrale de la Gambie n’est pas une entité à but lucratif, il a révélé que la Banque Centrale de la Gambie a connu de très bons résultats financiers ces dernières années, enregistrant des profits de 2.45 milliards de dalasis en 2022, de 1.4 milliards de dalasis en 2023, de 2.5 milliards de dalasis en 2024 et de 1.9 milliards de dalasis en 2025.
« Ces chiffres démontrent que la Banque Centrale de la Gambie est financièrement rentable, » a-t-il affirmé, poursuivant pour dire que la vente de Megabank a empêché la faillite de la banque, qui aurait été beaucoup plus onéreuse pour les contribuables si l’on se réfère aux expériences similaires du passé.
L’attention s’est ensuite tournée sur les anomalies révélées dans le rapport signalant la non-divulgation de soldes impayées liées à la vente de Megabank d’un montant de 24.4 millions de dalasis.
Le président de la Commission des Finances et Comptes Publics de l’Assemblée Nationale, Alhagie S. Darboe, a demandé des explications et informations de dernière heure à la Banque Centrale de la Gambie afin d’élucider cette anomalie indiquée dans le rapport.
Mr Saidy a révélé que le montant en question concerne une commission de 2.5 pour cent versée au cabinet d’experts – DT Associates –. Il a assuré les députés que ces fonds n’ont pas été détournés et que par conséquent toutes les pièces comptables, tous les contrats et détails sur les taux de change et les certificats de paiement seront présentés à la commission afin de clarifier cette anomalie.
Les membres de la Commission des Finances et Comptes Publics de l’Assemblée Nationale ont apprécié cet éclaircissement mais n’ont pas manqué d’insister sur la présentation d’une documentation exhaustive et complète englobant le contrat de consultant et les détails sur le recouvrement des actifs toxiques, car cela leur permettra de rédiger un rapport cohérent et authentique, et ce, en vue de prévenir toute intoxication du public.
Les fonctionnaires du Bureau National d’Audit ont confirmé que la vente de Megabank n’avait pas été comprise dans le rapport d’audit de 2024, car il est estimé que la vente de la banque est une décision stratégique prise dans le cadre de la gestion d’une banque en difficulté, et non pas un cas de perte financière.