L’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA) a révélé que la Gambie est dépendante du Sénégal pour les tests de qualité sur les produits pétroliers. Cette révélation vient suite aux questions brulantes des députés de l’Assemblée Nationale qui demandaient des éclaircissements sur la construction tant attendue du laboratoire national de recherche.
Lors de la présentation devant la Commission de l’Assemblée Nationale des rapports annuels, bilans financiers et lettres de recommandation de la saison 2023-2024 de l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA), Dr Njogou L. Bah, le directeur général de ladite institution, a confirmé que les échantillons de carburant sont généralement envoyés au Sénégal conformément au contrat signé avec SJS Sénégal car la Gambie ne dispose nullement d’un laboratoire accrédité, et ce, contrairement aux exigences de la Loi sur les Produits Pétroliers.
Il a révélé à la Commission de l’Assemblée Nationale que cet arrangement est nécessaire bien qu’onéreux. Autrement dit, il serait impossible de faire des tests pour déterminer l’authenticité et le niveau de qualité des produits pétroliers.
Il a poursuivi pour dire que des investisseurs privés, y compris des investisseurs nigérians, ont préalablement étudié la viabilité d’un projet de construction d’un laboratoire accrédité en Gambie, mais ils se sont retirés du projet lorsqu’il a été révélé par l’étude de faisabilité que le niveau de commercialisation des produits pétroliers dans le pays ne leur permettrait aucunement de recouvrer leur investissement. Les ébauches de collaboration avec le Bureau de Normalisation de la Gambie ont également piétiné en raison du manque de capacité ou d’équipement du Bureau.
Les membres de la commission parlementaire ont voulu savoir pendant combien de temps encore le pays serait obligé d’envoyer des échantillons de carburant à l’étranger, car pour eux la réponse du directeur général ne peut être considéré comme un délai raisonnable. Ils ont demandé une mise au point sur les progrès du projet de construction du laboratoire national avant le dépôt du rapport de 2026.
Le Dr Bah a indiqué que dans le cadre du projet SIGPRO, un site pour la construction d’un laboratoire national a déjà été identifié, mais l’équipement indispensable n’avait pas été compris dans l’accord initial. Bien que l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie(PURA) ne soit pas un bénéficiaire direct de ce projet, l’institution est déterminée à aller de l’avant par le biais de consultations avec les commissions compétentes.
La Commission de l’Assemblée Nationale s’est penchée sur les paiements de frais liés au transport des échantillons de carburant au Sénégal.
Le directeur général de l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA) a précisé que les paiements avaient été prélevés du budget de l’institution pour l’acquittement de prestations de service concernant le prélèvement et l’acheminement des échantillons à l’étranger.
La séance s’est ensuite orientée vers le sujet des permis d’exploitation. Le directeur de l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA) a confirmé que certains opérateurs téléphoniques qui leur avaient initialement présenté des honoraires fixes n’ont pas rempli leurs cahiers de charge ou ont tout simplement suspendu leurs opérations.
Les députés ont prévenu que les inconsistances récurrentes dans l’application d’honoraires proportionnels doivent être corrigées au cours du prochain cycle d’audit.
La Commission de l’Assemblée Nationale s’est penchée davantage sur les conclusions de l’audit restées sans réponses, notamment sur la gestion des risques informatiques et sur les retards du projet de construction du siège principal de l’Administration de Régulation des Services Publics de la Gambie (PURA), dont les travaux avaient peu avancé en raison des changements de site et des analyses de sol supplémentaires, et ce, malgré le règlement de 40 pour cent de la valeur du contrat.
Les députés ont affirmé d’un ton clair et résolu que les questions d'audit récurrentes ne seront pas tolérées davantage, signalant un contrôle et une supervision plus stricte à venir.