Santé: lancement d’un plan de rattrapage sur le VIH / SIDA

Thursday, March 08, 2018

En Gambie, les ONG de lutte contre la pandémie du Sida peuvent à nouveau s’exprimer et exercer leur travail plus d’un an après la chute de Jammeh. L’ancien président affirmait pouvoir guérir la maladie en 2007, grâce à une solution  «miracle» à base de plantes, dont lui seul détenait le secret. Plusieurs malades en sont morts quelques années plus tard. Le pays compte rattraper son retard grâce à un plan de rattrapage biannuel (2018-2020)  qui a été présenté il y a quelques jours, soutenu par l’Onusida pour mettre fin à la pandémie d’ici 2030.  Dans le pays, quelque 20.000 personnes sont porteuses de la maladie, soit un  taux de prévalence de l’ordre de 2%, un taux bien moins élevé que la moyenne à l’échelle du continent, mais seulement un tiers d’entre elles se savent porteuses du virus.

Après plusieurs autres pays du continent, la Gambie a officiellement lancé son plan de rattrapage sur le VIH / SIDA en présence du Dr Djibril Diallo, Directeur régional de l’ONUSIDA pour l’Afrique occidentale et centrale et de Mme Sirra Horeja Ndow, Directrice du bureau national de l’ONUSIDA dans le pays.

Le plan de rattrapage a été élaboré à la suite de la réunion des Nations Unies sur l’élimination du sida, tenue en 2016.

Le Plan de rattrapage de la Gambie lancé est suivi par plus de 80 acteurs clés impliqués dans la lutte contre la pandémie. Son coût total est estimé à près de 10 milliards de FCFA.

Pour les acteurs de la lutte contre la maladie, ce plan arrive à un moment opportun, un an après l’alternance démocratique. Ce plan permet non seulement de repositionner la riposte, mais aussi de mobiliser de nouveaux financements et de nouveaux partenariats tant au niveau national qu’au niveau international. 

Pendant une décennie, près de 10 000  suivront des traitements à la « maison verre », le centre de traitement alternatif que l’ancien président Yaya Jammeh avait installé dans l’enceinte même du palais présidentiel. Des potions magiques mélangées à du lait ou du miel, à boire dans des bouteilles .Des ingrédients mystérieux constituaient les « remèdes » concoctés par l’ex-président, guérisseur autoproclamé du VIH.

Pour sa part, le président Barrow a engagé son Gouvernement à soutenir pleinement la mise en œuvre effective de ce Plan et à combler le déficit de financement et de traitement d’ici à 2020.

Dans la foulée, la Première Dame, les ministres de la santé, de l’Enseignement Secondaire et certains membres de la société civile se sont engagés à plaider la cause auprès de l’opinion.