Réaction de l’association des victimes de Yaya Jammeh suite à la déclaration d’Obiang Nguema sur l’ancien président gambien :

Tuesday, January 30, 2018

“Le dictateur Obiang ne peut pas “protéger” Yahya Jammeh de la justice. La Guinée équatoriale est juridiquement condamnée à «poursuivre ou extrader» l’ancien dictateur en exil”

Les victimes de l’ancien de Yahya Jammeh réagissent avec indignation à la déclaration du président équatoriale - guinéen, Teodoro Obiang Nguema, selon laquelle il “protégerait” l’ancien président en exil chez lui.

Dans un communiqué qui nous est parvenu hier, l’association écrit :

De quel droit a un dictateur pour protéger un autre contre la justice?, s’interroge Baba Hydara, membre de l’association, par ailleurs, fils de Deyda Hydara, ex-cofondateur du journal The Point, assassiné en 2004. Ceux d’entre nous dont des proches ont été tués, torturés ou violés en prison ou ont été fusillés pour avoir manifesté pacifiquement ou qui ont été contraints à subir des soins contre le VIH/SIDA de Jammeh, ont droit à la justice et nous nous battrons aussi longtemps qu’il le faudra”, réagit-il avec énergie.

Les présidents Obiang et Condé n’ont pas le droit de se substituer à la volonté du peuple gambien quant à savoir si les crimes présumés de Jammeh devraient être poursuivis ou pas, a déclaré Madi Jobarteh, responsable du programme de l’Association des ONG en Gambie (TANGO). L’Union africaine et la CEDEAO doivent soutenir nos revendications de justice, comme elles l’ont fait dans l’affaire Hissène Habré, et ne pas nous barrer la route.

Le président Obiang, dont le gouvernement continue d’utiliser la torture, les arrestations arbitraires et les exécutions extrajudiciaires contre ses détracteurs, ne peut rester éternellement en place.

En 22 ans de régime autocratique, Jammeh s’est servi des meurtres, des disparitions forcées, de torture, d’intimidation, de violence sexuelle et des arrestations arbitraires pour réprimer la dissidence et préserver son emprise sur le pouvoir. En 2005, plus de 50 migrants, dont 44 du Ghana, ont été massacrés par les forces de sécurité de Jammeh. Jammeh a contraint quelque 9000 Gambiens - dont la grande majorité vit avec le VIH - à recevoir ses remèdes à base de plantes médicinales grâce à un simulacre de  Programme de traitement alternatif présidentiel .

Source: Picture: Campagne de recensement des victims