La commission pour la Réconciliation face à ses premiers défis

Thursday, March 29, 2018

Le secrétaire exécutif de la Commission Vérité, Réconciliation et Indemnisation de la Gambie (Truth, Reconciliation and Reparation Commission, TRRC), Dr. Baba Galleh Jallow, a livré, lundi, des informations sur les problèmes auxquels sa commission est confrontée. Dr. Jallow a été installé, le 1 mars 2018, au poste de la TRRC par le président Adama Barrow avec pour mandat de mener une enquête sur les violations des droits de l’homme commises durant les 22 ans de règne de l’ex-président Yahya Jammeh.

 Selon le Dr. Jallow, les commissions vérité et réconciliation à travers le monde sont des institutions compliquées vu que leur existence est au cœur de la controverse et que leurs mandats sont souvent compliqués et incompris par les populations qu’elles servent.

 “Elles sont souvent considérées comme une panacée pour toutes les questions de droits de l’homme et de droit pénal dans la société. Elles n’ont jamais réussi à faire le consensus national, consensus sur leur raison d’être”. Leur période de mandat est donc marquée par une controverse insoluble sur la présumée primauté des poursuites pénales sur la primauté d’établir la vérité sur ce qui s’est passé, pour promouvoir la réconciliation nationale et l’apaisement et de veiller à ce que ce qui s’est produite n’ait plus jamais lieu”, a-t-il déclaré faisant allusion aux commissions vérité en général.

 Dr. Jallow a souligné que plusieurs personnes ne croient pas à l’idée de réconciliation, et vont souvent jusqu’à accuser ceux qui mettent les commissions vérité de tenter d’imposer la réconciliation sur le dos des victimes.

 “Les phases d’avant et après sa mise sur pied sont caractérisées par toutes sortes de situations difficiles, allant de la difficulté de mobiliser des fonds suffisants et en temps réel à la nomination des commissaires et au recrutement du personnel. Et le fait de trouver des bureaux adéquats constitue un casse-tête et certaines commissions vérité perdent beaucoup de temps à trouver des locaux adéquats”, a-t-il indiqué.

 Selon lui, la Commission vérité et réconciliation de la Gambie n’est pas exempte de ces problèmes et en fait la commission connaît tous ces problèmes sus mentionnés sur le chemin sinueux de la recherche de la vérité, de l’apaisement et de la réhabilitation comme une société nouvelle et dynamique qui ne tolérera plus jamais la dictature.

 Il a déclaré qu’à l’instar des autres commissions Vérité à travers le monde, la TRRC est confrontée au problème de mobilisation des fonds adéquats en temps opportun et que la procédure de recrutement des membres des commissions n’est pas aussi rapide que prévue.

“Les fonds attendus du PNUD pour le recrutement des commissaires tardent à venir. La question est ensuite compliquée par la lenteur du travail du gouvernement. Des procédures lourdes et l’inaction bureaucratique dans certains domaines ont ralenti et compliqué à plusieurs égards le travail de la TRRC”. Quelques fois, les transactions du gouvernement qui ne devaient prendre que quelques jours prennent des semaines, des mois sans aucune raison valable”, a ajouté le Dr. Jallow.

 Cependant, il s’est empressé d’indiquer qu’il semble au moment de donner ces informations que les fonds requis du PNUD et du gouvernement gambien seront bientôt dégagés pour permettre à la TRRC de débuter ses enquêtes comme prévu.

 Il faut admettre que même si les fonds sont mobilisés et disponibles pour être investis dans le processus, a-t-il continué, beaucoup reste à faire et des obstacles à lever avant le début des auditions auprès de la TRRC.

Source: Photo: Baba Galleh Allow