Justice: “Ousman Sonko pourrait purger sa peine en Gambie”, dixit Benedict Demoerloose, Responsable de Droit pénal et Enquêtes à la TRIAL International

Tuesday, October 31, 2017

Si la Gambie prend des mesures pour reformer son système judiciaire, ses services de sécurité et remplir certaines autres conditions, l’ex-ministre de l’Intérieur et l’ancien président Jammeh pourraient être extradés pour faire face aux tribunaux gambiens. Tel est l’avis de plusieurs experts judicaires.

Benedict Demoerloose, Responsable de Droit pénal et Enquêtes à TRIAL International, l’organisation qui a inculpé Ousman Sonko en Suisse, a déclaré que le Procureur de la Suisse aurait du mal à enquêter sur tous ces crimes dont Sonko serait soupçonné.

“Ultérieurement, lorsque la justice et les services de sécurité seront reformés, pourquoi pas? La peine de mort doit être abolie, entre autres conditions qui devront permettre l’extradition de Sonko. Alors nous pouvons penser à une probable condamnation de Ousman Sonko, et de son ex-mentor, Yahya Jammeh sur le sol gambien”, a déclaré M. Demoerloose dans une interview exclusive accordée à notre rédaction.

“Le gouvernement suisse dispose de ressources limitées, raison pour laquelle il se concentre actuellement sur certains crimes susceptibles d’être jugés. Cependant, cela n’empêche pas la Gambie de prendre sa part. Les poursuites en Suisse ne signifient pas qu’Ousman Sonko ne sera jamais poursuivi pour d’autres crimes présumés”, renseigne-t-il.

Depuis son arrestation en fin janvier, Sonko est détenu et fait l’objet d’une enquête pour crimes présumés contre l’humanité et torture par l’unité suisse des crimes de guerre. Plusieurs parties, dont des victimes, des témoins se sont déjà signalés en tant que victimes auprès des autorités suisses.

S’il est reconnu coupable, Sonko pourrait être condamné à la réclusion à perpétuité pour les crimes présumés dont il est accusé.

“La justice suisse prévoit une peine privative de liberté d’au moins cinq ans pour les crimes contre l’humanité. Dans les cas particulièrement graves et en particulier lorsque l’infraction affecte un certain nombre de personnes, ou que le délinquant a agi de manière cruelle, une peine de prison peut être prononcée », a-t-il conclu.

Auteur: Sanna Camara
Traduction: Amadou Barry