Francophonie : Moteur de Développement du XXI Siècle. Entretien Exclusif avec L’Ambassadeur de la France au Sénégal, Son Excellence Mr. Christophe BIGOT

Friday, October 19, 2018

Le Mardi 16 Octobre 2018, nous avons rencontré l’Ambassadeur de la France au Sénégal,  Son Excellence Mr. Christophe BIGOTen visite en Gambie et eûmes l’honneur et le plaisir de débattre la relation Bilatérale Franco - Gambienne aussi bien que d’autres sujets de grandes envergures.

Bonjour Excellence et bienvenue à la ‘Smiling Coast’. Nous tenons tout d’abord à vous remercier pour nous avoir accordé cet entretien et pour tous les accompagnements que la France effectue envers la Gambie. Nous souhaiterions savoir Excellence Comment la France compte-t-Elle défendre et promouvoir le multilinguisme dans les instances internationales par l’intermédiaire d’un renforcement d’une ‘Intransigeance Francophone’ ?

‘D’abord, je crois qu’il faut se féliciter que la Gambie fut intégrée en tant que ‘Membre Observateur’ au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie lors du Sommet d’Erevan il y a quelques jours de cela. C’est une idée qui a été défendu par le Parlement Gambien. Elle semble correspondre à une réalité. Il y a ici en Gambie beaucoup de Francophones. Pourquoi ? Parce que  la Gambie est dans un environnement régional qui est Francophone. Tenez, Il y a ici beaucoup de familles qui ont des liens avec le Sénégal, donc qui sont Sénégalais d’origine ou de Nationalité  et qui parlent le Français. Il y a aussi beaucoup de Gambiens qui ont été formé en France. Il y a nombres d’entre eux qui ont été formé à Besançon, Limoges ou dans d’autres Universités Françaises. Ceci est une réalité. Maintenant que la Gambie est devenue un Etat Démocratique, il y a nécessité pour la Gambie et pour la Région d’être pleinement intégrées, donc c’est aussi un message vis à vis de la Région. La Gambie est pleinement présente. Ce double message a été entendu et je suis content qu’Erevan ait pu décider de cette mesure. Je me rappelle avoir discuté avec Son Excellence le Président Adama BARROW dès le mois de Janvier 2017 à un stade très initial avant que Son Excellence fut investi. Beaucoup fut accompli grâce aux rôles de plusieurs personnalités tel le Président de l’Alliance Franco-Gambienne et Son Excellence le Ministre des Affaires Etrangères, qui lui aussi a été Président de l’Alliance, et avec qui nous avons discuté ce matin. L’Ambassadeur JOBE de la Gambie à Paris de même s’est beaucoup dépensé pour conduire à ce résultat. Vraiment je m’en félicite et il va falloir évidemment tenir en compte l’impact pratique que cela veut dire en terme de formation des formateurs, en terme de participation à la Francophonie et d’intégration dans les différentes instances : L’Association des Régions Francophones, le Forum des Affaires. Voilà donc, il y a beaucoup dans cette région qui participe à ce plurilinguisme dont vous parlez et que nous revendiquons. Le plurilinguisme c’est la maitrise de ses langues nationales mais aussi d’une langue d’ouverture sur un plan international. Ceci, selon le besoin en terme d’identité d’une part et aussi en terme de participation à la Globalisation.’

Comment pouvons-nous promouvoir un ‘Humanisme de la Diversité’ grâce à l’Université des Langues et des valeurs de la Francophonie ?

‘Je pense que la diversité c’est d’abord une question de culture donc l’Université des Langues permet à toutes les cultures de s’exprimer mais aussi d’être partagé. Lorsque je pense à la ‘Littérature Francophone’, évidemment c’est important d’avoir ce plaisir infini de lire ‘Candide’, mais cela pourrait aussi être le plaisir de lire un auteur Congolais par exemple comme Sony ou cela peut être le plaisir de partager ‘La Pensée’ d’Aimée CESAIRE. La Francophonie, et je pense que cela est reconnu de plus en plus, n’est pas l’affaire des Français, c’est vraiment une langue qui est en partage qui doit permettre des libres échanges entre des cultures qui sont très variées. Il a toujours était cité que l’Afrique c’est la Francophonie et cela est évident d’un point de vue démographique, d’autant plus que la plus part des locuteurs aujourd’hui sont en Afrique, cela doit être de même une évidence vis-à-vis des échanges culturels et je sais que c’est un des éléments important discuté par Son Excellence le Président Emmanuel MACRON au Sommet d’Erevan, en insistant sur cette diversité linguistique, sur les héritages culturels, sur cette nécessité de mieux partager nos inspirations.

Durant un discours de près de deux heures devant les universitaires de Ouagadougou, le Chef d’Etat Français a annoncé un ‘Nouveau Partenariat’ au pays du Continent Africain. Dans ce cadre, nous souhaiterions élaborer certains volets notamment l’Immigration, l’Education, l’Emploi, l’Informatique aussi bien que la Sécurité Nationale et Régionale ?

Oui, Son Excellence le Président Emmanuel MACRON devant les étudiants et puis il faut aussi voir qu’après il y a eu un échange assez tonique. D’abord Son Excellence le Président a voulu être au contact de la Jeunesse Africaine et s’exposer je dirais à la ‘Liberté de Ton’ des étudiants et sur le fond Son Excellence a souligné les principes de sa ‘Politique Africaine’ notamment sur des sujets comme l’Education qui est un début très important pour l’Afrique. On voit bien que l’idée n’est plus aujourd’hui de faire de sorte que les enfants terminent l’école primaire, mais plutôt, nous aspirons à ce qu’ils puissent atteindre non seulement la fin du collège, mais plutôt la fin d’une scolarité normale :Il y a un besoin, afin de participer à l’économie mondiale de nos jours, d’avoir des habitants mieux formés, mieux qualifiés. Cela représente un enjeu non seulement économique mais aussi  démocratique. Si nous voulons que les habitants puissent participer au débat démocratique, il faut qu’ils puissent être passé par l’école afin d’avoir une compréhension de la langue, des valeurs et que ce soit quelque chose qui soit complètement approprié. Ceci représente des enjeux importants et pour la mise en œuvre du Plan de Ouagadougou, Son Excellence le Président Emmanuelle MACRON s’est aussi rendu à Dakar afin de participer au ‘Partenariat Mondial Pour l’Education’, Son Excellence a annoncé le lancement d’un Campus Universitaire Franco-Sénégalais, l’Agence Française de Développement a annoncé un programme important avec le ‘Partenariat Mondial Pour l’Education ’pour financer soit la formation des professeurs soit des constructions de collèges et de lycées. Tous cela se réfère au volet Education. Il y a beaucoup d’autres idées qui ont été développées tel le volet Infrastructure qui afin de désenclaver une partie des territoires en Afrique consisterait à prévoir des financements pour les infrastructures de Transport, d’Electricité ou d’Energie. Il y a aussi lieu de développer les Nouvelles Technologies, de mettre en place l’aide nécessaire pour les ‘Start Ups’. Cela veut dire des Incubateurs, des ‘Business Angels’ des Structures de Financements. Vous avez ici beaucoup de jeunes qui ont des idées et il y a pas toujours les structures pour les favoriser. Son Excellence a aussi souligné l’importance des échanges et a proposé selon cette vision par exemple la délivrance d’un Visa de Long Séjour aux étudiants détenteurs d’un Master afin d’éviter les multiples demandes. Avec 5%,6%, voir 7% de croissance économique, ce qui n’est pas le cas en Europe, l’objectif serait de faire revenir ceux formés en France vers le continent  Africain: Le besoin de développement et d’ingénierie se trouvent ici, mais pour que cela plus aller de l’avant, il faut faciliter la circulation des personnes. Les ‘Biens Culturels’ sont aussi un sujet qui revient souvent. Felioune SARR, une Sénégalaise fait partie des membres penché sur le sujet de la réflexion concernant les restitutions et les prêts des biens culturels qui permettent à la Culture d’être plus accessible et disponible en Afrique. Il faudrait même aller plus loin comme avec le Musée des Civilisations Noires qui sera bientôt inauguré à Dakar et les nombreux autres projets prévues dans ce sens : Dans le Secteur Environnement avec les besoins immenses en Energie du continent Africain qui peuvent être adressés avec des solutions nouvelles tels les Centrales Solaires, les Centrales Eoliennes : des formules sensibles à l’environnement. La France est prête à fournir les efforts et les financements nécessaires dans le cadre d’un partenariat équitable. Il faudrait aussi tenir compte de la Diaspora importante qui est composée de Sénégalais, de Gambiens, de Maliens, d’Ivoiriens qui devraient être mobilisée afin que ses acteurs soient les artisans de développement dans leurs pays respectifs grâce à leurs expertises et leurs savoir-faire en forte demande. Son Excellence le Président parla aussi du Franc CFA qui fait l’objet de nombreux débats dans les Réseaux Sociaux. Le Franc CFA est une monnaie africaine avec une stabilité qui  est garantie. Ceci est un outil Régional qui favorise les échanges. Il appartient aux Africains, et certainement pas à la France, d’en déterminer les Contours et les Paramètres. Le Plan de Ouagadougou, sa mise en œuvre, s’est depuis Automne 2017 avec des réalisations comme le Campus Universitaire Franco-Sénégalais, le Projet de TER, les Centrales Solaires, la Mesure sur les Visas. En Gambie, depuis un an et demi, nous avons rouvert une Antenne Diplomatique, nous avons nommé un Chargé d’Affaire, nous avons facilité la construction d’une nouvelle Ecole Française, repris les échanges militaires, les escales de navires, lancé des formations pour les Magistrats et les Militaires, facilité le dialogue entre les deux Parlements, Gambiens et Français avec le ‘Groupe d’Amitié’ qui a été créé au Parlement Français, sans oublier la promesse de 50 Million d’Euros sous forme de Don annoncé à la ‘Conférence des Bailleurs de Fonds’ de Bruxelles pour accompagner le Plan de Développement de la Gambie.’

Durant l’entretien, nous débâtâmes d’autres sujets divers tels le fait qu’après 22 années de dictatures, la Gambie et sa ‘Révolution Démocratique’ avait contribué  pour faire de l’Afrique de l’Ouest la Région la plus Démocratique de l’Afrique même avec les effets néfastes du Terrorisme et de l’Immigration Clandestine. Parmi les autres besoins soulignés figurent aussi le renforcement de l’intégralité régionale, afin que la croissance puisse bénéficier à tous. De plus, Son Excellence cita qu’il y avait des priorités sur lesquelles il fallait se pencher afin de préserver ces libertés et ce sens de sécurité que nous avons aujourd’hui acquis en Gambie. Son Excellence relata certains des cas atroces qu’il témoigna lorsqu’il assista à la Cérémonie d’Investitures des Membres de la ‘Truth Reconciliation and Reparations Commission’ qui eut lieu dans la capitale Gambienne le Lundi 15 Octobre 2018.

Son Excellence qui vient en Gambie chaque 2 ou 3 mois par divers moyens, notamment par vol, par route que par bateau exprima son impatience de voir l’ouverture du pont sur le Fleuve Gambie qui va changer considérablement les relations entre le Sénégal et la Gambie avec le désenclavement de la Casamance et faciliter l’intégration en respectant la souveraineté des deux Etats. Son Excellence souligna le désir de renflouer la dimension économique pour la relation entre la France et la Gambie avec des financements dans les domaines de l’Agriculture, avec la stimulation de l’intérêt des entreprises Française envers la Gambie en tant qu’investisseurs, avec les potentiels touristes Français à inviter grâce aux formules adéquates qui mettront la Gambie sur la carte. La nouvelle école en Gambie qui sera inauguré en début 2019 permettra aussi à continuer dans cette lancée de l’Institut qui a déjà former le double de son effectif en l’écart de 4 ou 5 années. Il souligna que la France qui participa à deux ateliers afin d’accompagner la Gambie dans sa Révolution Démocratique continuera à le faire comme tous les autres Membre de la Communauté Internationale. Son Excellence clôtura le débat en exprimant que la Diplomatie Française et ses Instituions était prête à identifier et accompagner la Gambie dans ses ambitions de Développement National :

Francophonie : Moteur de Développement du XXI Siècle.

 Auteur : Mussa SALLAH