Faits divers Après avoir insulté le président Adama Barrow, un homme violemment interrogé par des éléments de la police

Wednesday, June 06, 2018

Dans une vidéo virale diffusée sur les réseaux sociaux, ce weekend, on voit un homme s’en prendre violemment à l’administration Barrow en proférant des mots peu tendres. En langue mandingue, Oumar Touray (Touré) insulte le président Barrow et son ministre des Affaires étrangères, Oussainou Darboe, les accusant de tous les maux dont souffrirait le pays. L’homme a été arrêté et interrogé dans des conditions que les organisations de défense des droits de l’homme qualifient de “peu respectueuses de la dignité humaine”. La société civile et les organisations de défense des droits de l’homme condamnent l’acte mais appel au changement de pratique des forces de l’ordre et au respect de la liberté d’expression.

C’est un fait divers qui a défrayé la chronique ce weekend en Gambie. Après avoir injurié le chef de l’État, Adama Barrow et son ministre des affaires étrangères, Oussainou Darboe, Oumar Touray a été arrêté par les éléments de force de l’ordre. Dans une vidéo, ces dernières l’interrogent sur les raisons qui l’ont poussé à injurier le chef de l’État. L’homme tente de nier les accusations, en vain. Les policiers le sermonnent violemment en menaçant de le torturer s’il n’avoue pas les faits qui lui sont reprochés.

Pour les organisations de défense des droits de l’homme, le Président Adama Barrow doit convoquer ces policiers pour les exhorter à s’abstenir, “de recourir aux actes et aux pratiques typiques d’un État policier”.

“Le président doit dire à ses services de sécurité que la Gambie est désormais une démocratie dans laquelle les citoyens doivent être libres d’exprimer leur conviction, même si nous trouvons que ces déclarations sont en soi mauvaises et constituent un mauvais précèdent”, prône les défenseurs des droits de l’homme.

Sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes gambiens parlent de dérives de la démocratie et  interprètent les propos d’Omar Touray d’offensantes, de grossières et d’inutiles.

A l’heure où nous sommes, l’on ignore où l’homme serait en détention. Joint au téléphone ce matin, le porte-parole de la police gambienne s’est voulu très prudent en s’abstenant de tout commentaire.  Oumar Touray pourrait être poursuivi pour offense au chef de l’État. Selon la constitution gambienne, celle-ci est passible de 2 ans d’emprisonnement ferme au minimum et 7 ans au maximum. 

Source: Photo: Les deux cibles d’Oumar Touray