Fait divers : Il subtilise des millions de dalasis et arnaque plusieurs personnes avant de se volatiliser dans la nature

Friday, December 22, 2017

C’est une arnaque digne d’un film hollywoodien. Un imposteur subtilise des millions de dalasis, arnaque différents services dans la région du Nord-Est de Gambie (Basse), avant de se fondre dans la nature. L’escroc prétendait travailler pour Mercy Ship (Médecins Sans Frontières) et prétendait être un neveu d’un collaborateur de Bill Gates.

Ses activités de prédilection étaient de prétendre  œuvrer dans des activités caritatives : le social et l’humanitaire. A ce titre, on peut citer entre autres la construction d’une Madarassa (école coranique) dans le village de Numuyel qu’il promettait de remettre à neuf.

Le fameux imposteur se faisait passer pour un certain Ebrima Jallow ou dans certains cas, Kebba Jallow. Des noms bien de chez nous. Il est actuellement en fuite, selon nos sources.

Il a logé dans une résidence pour hôtes à Basse pendant 17 jours où il loua 29 chambres.  Il faisait une sorte de réservation pour ses soi-disant amis et partenaires venus des États-Unis. Selon Lang Saho, le directeur général d’Agib (l’auberge où il logeait), ses factures, y compris la nourriture et la consommation en électricité, étaient de l’ordre de 900 000 Dalasis. Il invitait également ses amis à se servir fréquemment, ajoute Saho.

M. Saho renseigne, lorsqu’il a demandé à l’homme de payer ses frais, il  plaidait pour qu’on lui accorde encore du temps puisque ses partenaires venaient des États-Unis.

Le soi-disant philanthrope avait identifié certaines personnes comme des sous-traitants avec lesquels il travaillerait durant son séjour à Basse.

Nos sources ont en outre révélé que l’homme prétendait que l’un de ses oncles travaillait avec Bill Gates, la première fortune mondiale, aux États-Unis depuis des décennies et qu’il était dans la région pour des projets de développement.

Sukel Baldeh, originaire de Basse qui était l’un des entrepreneurs identifiés pour travailler avec lui, a qualifié cet incident de “malheureux et regrettable”.

Baldeh indique que  l’imposteur est allé chez Mutarr Duga, un homme d’affaires à Basse et a pris 475 sacs de ciment, 6 motos toute neuves d’un coût de 36 000 dalasis chacune et un montant en espèces de 50 000 dalasis.

Les motos étaient destinés  aux 6 entrepreneurs avec qui il travaillerait sur ses projets.

“Il m’a aussi demandé de lui donner 45 000 dalasis, ce que je fus, promettant qu’il rembourserait quand son oncle vivant aux Etats-Unis enverra l’argent”, a-t-il révélé.

Baldeh explique que sur les 475 sacs de ciments, 245 ont été emmenés à l’école supérieure St. Georges, car le tartuffe avait promis de construire un centre polyvalent et de clôturer l’école.

Il ajoute que les autorités scolaires s’étaient ravitaillé en sable afin de commencer à travailler sur le projet, ce qui, selon lui, leur a coûté énormément d’argent en payant un entrepreneur pour apporter ce produit.

Il rapporte également que le suspect s’était rendu à l’école secondaire St. Mbulumbas et avait promis de construire un quartier d’enseignants et de clôturer toute l’école. Et sur les 475 sacs de ciment qu’il a pris chez Mutarr Duga, plus de cent sacs étaient destinés à cette l’école.

Il s’était rendu à l’école arabe Numuyel dans le district de Jimara et leur a donné 150 sacs de ciment.

“Il leur a demandé de ne pas rouvrir l’école cette année, car il allait réhabiliter toute l’école”, a-t-il dit.

Il a déclaré que les autorités scolaires avaient également commencé à s’intéresser, espérant que le projet allait bientôt démarrer. “L’homme a également demandé à M. Batata de lui trouver 10 personnes. Son oncle, qui, disait-il, travaillait avec Bill Gates, avait envoyé 10 véhicules afin qu’ils puissent aller chercher les véhicules.

Pire encore, le bonhomme est venu avec le véhicule de M. Batata à Banjul et quand il est arrivé, il a appelé Batata pour lui dire qu’il n’était pas nécessaire que ces 10 personnes viennent.

“Nous l’avons appelé à plusieurs reprises mais nous n’avons pas pu le joindre.” C’est alors qu’ils ont découvert la supercherie.

Les efforts pour contacter les autorités scolaires de St. Georges et  de St. Mbulumbas sont restés vains. Comme quoi, cette affaire est loin de connaitre son épilogue. Sacrée tartufferie !