Economie: Rapport du FMI sur la Gambie

Thursday, December 14, 2017

La dette du pays absorbe aujourd’hui 47% des recettes

C’est une dette colossale dont héritent les autorités de la transition de Gambie. Dans un pays où le paiement des taxes constitue la principale source de revenus, quand la dette absorbe la quasi-moitié des richesses, c’est peu de dire que c’est une portion congrue.

Commentant ce rapport, le Ministre des Finances, Amadou Sanneh le confesse, c’est une dette énorme pour le pays. Cependant, la note positive du rapport est la reprise, lente soit-elle. Une croissance économique en 2017 attendue de 3%, 5% d’ici 2020. L’inflation s’est stabilisée, reflétant la stabilisation du Dalasi.

 “C’est un défi hérité de l’ancien gouvernement, mais auquel nous devons faire face “,  déclare d’emblée l’argentier de l’Etat  face à la presse à State House ce mardi.

Le Ministre Sanneh s’exprimait en réaction au rapport du Fonds monétaire international (FMI) après sa mission de consultation et d’examen au titre de l’article IV de 2017 sur la Gambie.

M. Ulrich Jocoby, le chef de ladite mission, a déclaré que la dette du pays occupe 120 % du PIB, ce qui constitue un sérieux frein pour le nouveau gouvernement.

“Maintenir la soutenabilité de la dette nécessitera de s’abstenir de projets d’investissement à grande échelle impliquant des prêts avant que le projet  budgétaire et d’emprunt supplémentaire ne soit atteint et que les capitaux privés ne soient mobilisés”, a déclaré M. Jacoby.

 Les points saillants du rapport indiquent entre autres:

 Croissance économique prévue à 3% en 2017

 L’inflation globale devrait baisser en dessous de 5%

 La croissance économique devrait atteindre environ 5% d’ici 2020

L’économie du pays est entre en récession après le net ralentissement de la croissance en 2016.

Le reprise à ce jour dans le cadre du programme de suivi du personnel a été globalement encourageante, mais des progrès supplémentaires sont nécessaires

La dette de la Gambie à hauteur de 120% du PIB reste un défi à relever.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par M. Ulrich Jacoby, s’est rendue à Banjul du 2 au 15 novembre et du 7 au 13 décembre 2017 pour mener des consultations et examiner les résultats dans le cadre du Programme de surveillance approuvé en juin 2017.

À la fin de la mission, M. Jacoby a fait la déclaration suivante:

L’économie a commencé à se redresser après le net ralentissement de la croissance en 2016, provoqué par une mauvaise récolte, une pénurie de devises et une baisse du tourisme due aux troubles politiques après les élections présidentielles de décembre 2016. La croissance économique en 2017 est projetée à 3%, avec un fort rebond du tourisme et du commerce. Un regain d’intérêt de la part des investisseurs directs étrangers dans l’énergie, le tourisme, l’agriculture et les transports. L’inflation est inversée, reflétant la stabilisation du Dalasi et une baisse progressive des prix des denrées de première nécessité. Avec une discipline budgétaire et un soutien financier extérieur nettement améliorés, le Dalasi est resté stable depuis avril et les réserves internationales se sont fortement redressées.

 “La croissance économique devrait s’accélérer progressivement pour atteindre 5% d’ici 2020, en supposant une bonne mise en œuvre, une expansion significative de l’approvisionnement en électricité, l’expansion de l’irrigation, l’agriculture commerciale, l’investissement dans les secteurs du tourisme et du commerce. L’inflation globale devrait être légèrement inférieure à l’objectif de 5% de la Banque centrale de Gambie (CBG) à moyen terme.

Les performances du programme de suivi du personnel ont été globalement encourageantes, mais des progrès supplémentaires sont nécessaires. La réduction drastique des emprunts intérieurs nets du gouvernement - découlant du soutien accru des donateurs a contribué à la baisse des taux d’intérêt. Pour l’avenir, les autorités devront maintenir la discipline budgétaire et mettre en œuvre les mesures fiscales et structurelles restantes engagées dans le cadre du programme relatif au marché unique.

La dette accrue de la Gambie de 120% du PIB dont le nouveau gouvernement a hérité est un défi énorme. Le maintien de la viabilité de la dette nécessitera de s’abstenir de projets d’investissement à grande échelle impliquant des prêts ou des engagements conditionnels avant que des espaces budgétaires et d’emprunt supplémentaires n’aient été dégagés et de mobiliser des capitaux privés. L’évaluation attentive et la priorisation des projets d’investissement dans le cadre des procédures de diligence raisonnable du Groupe de travail sur la mise en œuvre des investissements seront cruciales à cet égard. La mobilisation de ressources externes supplémentaires pour favoriser la viabilité de la dette et la mise en œuvre de la stratégie pour résorber la dette sera importante pour créer un espace d’emprunt.

La réforme des entreprises publiques reste essentielles car elles présentent des risques budgétaires importants et contribuent à la dette publique élevée. La mission se félicite des efforts de réforme en cours qui devraient se poursuivre, y compris des plans stratégiques à moyen terme pour parvenir à la viabilité financière.

  “Le CBG devrait continuer à maintenir un régime de taux de change flexible et à reconstruire davantage les réserves, compte tenu des vulnérabilités externes et de la dette élevée. La préservation de la stabilité du secteur financier à la lumière de la baisse des taux d’intérêt est également une priorité essentielle.

“L’accès au financement reste l’obstacle le plus important à la conduite des affaires et la croissance du secteur privé reste faible malgré la baisse des taux d’intérêt. La promotion des systèmes d’information sur l’octroi de liquidité financière, ainsi que le renforcement des droits des créanciers et leur application contribueraient à soutenir la croissance du secteur privé.

 La mission a rencontré le président Barrow, le Ministre des Finances Sanneh, le gouverneur de la Banque centrale, d’autres hauts fonctionnaires et représentants d’entreprises publiques, des parlementaires, des représentants du secteur privé, des organisations de la société civile et des partenaires au développement. 

Author: Amadou Barry
Source: Photo: M. Jacoby, le chef de la mission du FMI et Amadou Sanneh