Deuxième jour de la conférence internationale sur l’Islam à Banjul

Friday, November 24, 2017

Les pourparlers achoppent sur les mutilations génitales féminines

Malgré la série de débats entre d’éminents spécialistes de l’Afrique subsaharienne et de personnalités venues de divers horizons, la conférence internationale sur l’islam qui se déroule dans la capitale gambienne n’est pas parvenue en ce deuxième jour à un consensus sur l’enjeu que constitue la lutte contre les mutilations génitales feminines.  Une douche froide pour nombre de panélistes qui espéraient une position incisive sur ce fléau toujours pratiqué dans beaucoup de pays du continent.

Bien que certains chercheurs se soient montrés convaincus, certains observateurs ne cachent pas leur déception quant au nombre d’autres “grands érudits” qui persistent à changer leur position sur la question de la pratique de l’excision, communément appelée mutilations génitales féminines.

“Ils doivent être plus ouverts d’esprit et doivent travailler à être des exégètes des textes islamiques modérés. Je ne pense pas qu’il soit une bonne chose de continuer à utiliser des interprétations d’autres temps. Elles doivent être utiliser dans leur contexte “, a déclaré Ngenarr-Yassin Jeng, une jeune militante pour les droits des femmes en marge de la conférence.

A noter que Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) est à l’origine de cette conférence réunissant plus de 350 participants venus de différents pays pour apprendre à tirer les leçons des autres pays musulmans qui ont éradiqué la pratique des MGF.

Cependant, les imams et les érudits de Gambie n’ont pas fléchi leur position contre cette pratique en ce deuxième journée de la conférence.

Néanmoins, il y a de grands espoirs que le dernier jour pourrait apporter de bonnes nouvelles aux efforts des organisateurs du forum, compte tenu des énormes ressources investies pour l’événement.

La nouvelle donne consiste à impliquer les chefs religieux et les érudits dans les pourparlers. En insistant sur la santé reproductive et infantile des femmes mutilées. Ces aspects étant des freins au développement national, ensuite promulguer une loi contre ces pratiques néfastes enracinées en Gambie.

Muhammad Sinini, professeur de Théologie à l’Université nationale d’Algérie à Alger, a axé son discours sur le mariage des enfants, qui est contraire aux droits de l’enfant à l’éducation et à l’épanouissement social.

“Dans le contexte islamique, la charia nous aide à connaître les principes globaux, mais nous devons vivre dans une conception moderne. Le monde n’attend personne, il évolue très rapidement, “ a-t-il déclaré.

Quant à La vice-présidente et Ministre des Affaires féminines de la Gambie, Aja Fatoumatta Jallow-Tambajang, elle déclare que ces débats sont une occasion de prouver que l’islam rime avec le bien-être familial et les pratiques traditionnelles.

Auteur: Fatou Dem

Traduction: Amadou Barry