Des responsables gambiens identifient les défis à la transition politique en Gambie

Friday, July 26, 2019

LIBREVILLE, 24  juillet (Infosplusgabon) - La Gambie vit une période de transition politique depuis l’élection présidentielle de décembre 2016, qui a porté une nouvelle administration aux affaires.

Toutefois, le retour progressif du respect des droits de l’homme s’accompagne aussi de quelques défis en matière de sécurité, a déclaré, mardi, à Banjul, le secrétaire général et chef du Cabinet gambien, Ibrahim Kamara.

“Les défis et les points de friction qui ont refait surface concernent les litiges fonciers, les conflits culturels, l’intolérance religieuse, l’appartenance ethnique et les discours de haine dans les médias”, a observé M. Kamara.

Ce dernier s’exprimait ainsi à l’ouverture d’un atelier de quatre jours consacré au “Renforcement de la paix : Politique stratégique; meilleures pratiques et mise en œuvre”, une partie des initiatives en cours a été financée avec le soutien de l’UE au Projet d’appui au mandat régional de paix, de sécurité et de stabilité de la CEDEAO (UE-CEDEAO PSS).

Dans son discours, prononcé par Mohammed Jallow, secrétaire permanent (à la coordination politique), à la présidence, le chef de Cabinet, a invité ses compatriotes à redorer le blason de la Gambie en tant que “bastion de la paix et des droits de l’homme”, ce qui avait guidé le choix du pays pour abriter le siège de la Commission africaine des droits de l’homme.

“On ne peut parler de démocratie et de développement sans paix” a dit M. Kamara, qui rappelle que beaucoup de Gambiens vivaient dans la peur et la répression des droits de l’homme sous la précédente administration.

L’atelier, organisé en collaboration avec la présidence gambienne, s’inscrit dans le cadre du soutien de l’UE à la Consolidation de la paix; la démocratie et la bonne gouvernance en Gambie.

Dans son propos, la Représentante-résidente de la CEDEAO, l’ambassadrice Vabah Gayflor, qui s’est exprimée au nom du président de la Commission de la CEDEAO, Dr  Dr Jean-Claude Kassi Brou, a jugé que cet atelier se tenait à un moment opportun.

“La Gambie vit actuellement un processus de transition et, par conséquent, prend des mesures particulières au niveau stratégique pour intégrer la construction de la paix au développement national depuis la formulation des politiques jusqu’au stade de mise en œuvre, en vue de la consolidation de la bonne gouvernance”, a-t-elle dit.

“Cela s’accorde avec les aspirations du Cadre de prévention des conflits de la CEDEAO (ECPF) et du Plan national de développement de la Gambie”, a-t-elle indiqué.

L’ambassadrice, qui est aussi chef civil de la mission militaire de la CEDEAO en Gambie, ECOMIG, a dit : “il est, par conséquent, de notre responsabilité collective à tous de veiller à ce que les structures soient mises en place, particulièrement, aux niveaux politique et de la prise de décision pour assurer la paix, la stabilité et le développement”.

Pour sa part, la Représentante de l’UE, Mme Enya Braun, responsable de programme à la Délégation de l’UE en Gambie, a dit que le soutien de l’UE à l’ECPF de la CEDEAO reposait sur une stratégie visant à rendre l’organisation sous-régionale plus proactive que réactive en matière de gestion des conflits émergents.

Elle a noté que cette stratégie répondait au principe d’une solution africaine aux problèmes africains.

Elle a exprimé l’espoir que les initiatives de paix et de sécurité en cours soient coordonnées efficacement et impliquent aussi la société civile et les organisations non gouvernementales (ONG).

Le soutien de l’UE-CEDEAO à la Gambie couvre des domaines comme les réformes électorales et le secteur de la sécurité, le renforcement des capacités pour les différentes institutions nationales, la formation des formateurs au renforcement de la paix, l’intégration du renforcement de la paix dans les pratiques, politiques publiques et l’éducation civique nationale.

Cet atelier enregistre la participation de responsables gouvernementaux, représentants des agences de sécurité gouvernementales, d’organisations de la société civile, dont le Réseau ouest-africain pour le renforcement de la paix (WANEP), d’experts en gestion des conflits, de responsables du bureau de la CEDEAO en Gambie et des consultants du Projet UE-CEDEAO PSS venus d’Abuja, au Nigeria.