Corruption - Les recommandations de Transparency International pour sortir le Sénégal de la zone rouge

Monday, February 26, 2018

Le but du rapport annuel de Transparency international  est de sensibiliser l’opinion publique sur l’état de la corruption et de susciter la volonté politique des gouvernements à lutter effectivement contre le phénomène. L’Indice de perception de la corruption (Ipc), un indice composite, est utilisé pour mesurer la perception de la grande  corruption dans le secteur public et la classe politique dans différents pays du monde. Pour le cas du Sénégal, son score n’a pas évolué par rapport à l’année 2016 et n’a connu qu’une augmentation de 3 points de 2013-2017 (41, 43, 44, 45), relève un document du Forum civil sur l’indice de la perception de la corruption dans le monde, en Afrique et au Sénégal en particulier.

Ces impératifs pour sortir le Sénégal de la zone rouge

Il urge donc, préconise ce démembrement de Transparency international, de mettre en place une équipe indépendante pour une évaluation de la gouvernance sobre et vertueuse prônée par les autorités publiques en 2012. Cette équipe pourrait être composée de la société civile, des universitaires, de journalistes d’investigation, de l’Ofnac, etc.

Il s’agira également de renforcer les dynamiques de réformes judiciaires en soutenant l’intégrité et l’indépendance du système judiciaire ; la formation des juges dans la lutte contre la corruption doit aussi être soutenue ; et diversifier les équipes de l’Ofnac composées à majorité de fonctionnaires alors que les résultats de leur étude sur la perception de la corruption, démontrent que 71,7% des cas de corruption sont imputables aux démembrements de l’Etat. Pour garantir l’efficacité de leurs missions, cette équipe doit avoir en son sein des profils divers notamment, des banquiers, des fiscalistes, des universitaires, des journalistes d’investigations etc, préconise le Forum.

L’administration, un terreau de la corruption

Le Forum civil recommande également de réinterroger la pertinence de l’ancrage institutionnel de l’Ofnac dans le champ de la présidence au regard des interactions entre la politique et la corruption ; et enfin, de fournir toutes les informations nécessaires relatives au recouvrement de l’argent de la traque des biens mal acquis par l’Agent judiciaire de l’Etat ;  renforcer les moyens de la presse en matière d’investigation ; et instaurer un prix d’intégrité pour les agents de l’administration.

Sollicité par Seneweb, Abdou Aziz Diop, coordonnateur du Forum civil à Thiès, tranche. Lutter de manière efficace contre la corruption, selon lui, revient à laisser “la justice faire son travail pour les personnes et structures épinglées par les rapports de l’Ofnac, de l’Ige, de la Cour des comptes et de la Centif pour différentes causes: corruption, concussion, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux… . Aussi, que les Crg (Cellules régionales de gouvernance) mises en place par le nouveau régime à travers le ministère de la Promotion de la bonne gouvernance soient redynamisées car pouvant être des antennes régionales de l’Ofnac au niveau régional.

Source: Picture: L’indice de perception de la corruption de Transaprency International 2017