Commission d’enquête sur le régime Jammeh, “Je n’ai jamais voulu être Secrétaire général de la Présidence”, dixit Njogu Bah

Thursday, November 16, 2017

Njogu Bah, ancien Secrétaire général de la Présidence et chef de la fonction publique sous Yaya Jammeh, a indiqué ce mardi à la commission qu’il n’avait jamais voulu occuper cette fonction. A l’en croire, il voulait rester simple secrétaire du cabinet de l’ex-¬président. Non sans indiquer qu’il était difficile de travailler avec ce dernier.

De prime abord, Njogu Bah a voulu mettre les points sur les “i” en indiquant  qu’être secrétaire général, c’est être au service de l’intérêt du peuple. Mais malheureusement, il ne le pouvait pas à cause des menaces et des mauvais traitements qu’il subissait de la part de l’ancien président.

M. Bah d’annoncer que son équipe et lui  travaillaient de longues heures et qu’ils  ne pouvaient même pas voir leurs familles. A l’en croire, c’est après avoir conseillé l’ancien président qu’il s’est fait arrêter et torturer.

Selon lui, on lui reprochait des faits d’incitation au soulèvement populaire, mais que les Gambiens ne sont jamais sortis pour défier l’ancien président.

Njogu Bah, s’attardera sur l’arbitrage de la societe Conaco,  une joint-venture avec l’ancien gouvernement.

M. Bah déclare que des délégués de la compagnie étaient venus voir l’ancien président, notant en outre que c’est après cela qu’il a été mis au courant. Ces délégués étaient engagés dans l’extraction du sable notamment pour l’ex¬-dictateur.

M. Bah note qu’un accord avait été envoyé au Procureur  général pour qu’il donne son avis. Ce dernier décidera de ne pas opter pour un prix du carburant plus élevé.

Il confie qu’on avait demandé à ces investisseurs de prouver qu’ils resteront en Gambie et qu’ils investiront dans l’agriculture.

Il informe la commission que l’ancien président était également intéressé par l’usine d’aliments pour animaux et que lui en personne était le signataire du contrat.

Selon lui, c’est suite aux menaces et intimidations de son ancien mentor que ces investisseurs ont quitté le pays.

M. Bah dira plus tard qu’Ansumana Jammeh, frère du président avait convaincu ces investisseurs de revenir. Lorsque les choses ne pouvaient être résolues à l’amiable, ces derniers ont décidé de poursuivre en justice  l’ancien gouvernement.

M. Bah narre qu’un compte avait été ouvert pour paiement. Un accord avait été élaboré pour savoir qui devrait payer et combien chacun devrait payer.

Concernant les deux ferries

En ce qui concerne les deux ferries: Kansala et Aljamdu, il y avait un groupe d’investisseurs venus de la Grèce, ils ont été présentés à l’ancien président au cours d’une réunion à laquelle il avait  participé.

M. Bah informe par la suite  qu’il y avait des soucis parce que les ferries étaient défaillants.

Mais que l’ancien président était toujours intéressé, car cela résoudrait le problème de transport.  De leur part, les investisseurs étaient invités à rencontrer des fonctionnaires de la GPA (Gambia Port Authority), qui devaient ensuite se rendre en Grèce.

Une délégation s’était rendue en Grèce par la suite pour rencontrer ces investisseurs, ajoutant que c’était son bureau qui déterminait la composition de ladite délégation.

M. Bah  affirme qu’ils sont allés en Grèce, mais qu’il ne faisait pas partie des personnes qui ont signé le contrat.

A leur retour du pays, un rapport a été déposé. L’ancien président leur avait suggéré  de d’accélérer les démarches avec les investisseurs.

Auteur: Dawda Faye

Traduction: Amadou Barry

Source: Picture: Njogu Bah avait eu son heure de gloire avant de tomber en disgrâce sous Jammeh