Amadou Samba devant la commission d’enquête sur le régime Jammeh : les coulisses d’une houleuse audition

Friday, October 27, 2017

Amadou Samba, un homme d’affaires proche de Jammeh, accompagné de membres de sa famille et de ses proches, a comparu ce mercredi devant la commission Janneh.

A l’entame de la séance, son avocate a soulevé certaines questions juridiques concernant l’ordre donné par la commission de restreindre la liberté de M. Samba.

Elle declare qu’elle avait écrit à la commission au sujet de la commande qu’elle avait faite et qui avait été publiée par “The Point” et les journaux “The Standard” qui retenaient son client.

Elle ajoute que son client avait reçu une convocation pour comparaître devant la commission et devait témoigner à propos de Euro Africa Group.

L’avocate Samba a soutenu que son client n’avait pas eu l’occasion d’entendre les témoignages des témoins, ajoutant qu’il n’avait pas non plus eu l’occasion de confronter les témoins.

Elle postule que c’était le droit constitutionnel de son client d’être entendu.

À ce stade, elle s’est référée à la constitution pour étayer son argument et elle a également mentionné le mandat de la commission.

Elle  ajoute que la commission n’a pas le mandat de rendre l’ordonnance qu’elle a déjà rendue, aussi qu’elle devrait faire des recommandations et non un ordre.

Elle exhorte la commission à se décharger de cet ordre publié dans les journaux.

Echanges

Linterrompant, l’avocate principale s’est alors levée avant de déclarer que l’interprétation faite par l’avocate de M. Samba était erronée.

Donnant l’exemple de la haute cour qui a le pouvoir de rendre une ordonnance provisoire sans que la partie soit entendue, ajoutant que cela ne rend pas l’ordonnance inconstitutionnelle, c’est ce que la commission devrait considérer.

L’avocate principale de renvoyer ensuite la commission à l’article 3 de son mandat pour étayer son argumentation.

Elle renseigne que chaque personne qui se présente à la commission est un témoin, ajoutant que M. Samba a été nommé comme proche associé de l’ancien président.

Slon elle, ce qui est pertinent était la preuve devant la commission selon laquelle ils étaient corroborés, ajoutant que la commission a le pouvoir de rendre l’ordonnance sans entendre l’autre partie.

Elle rencherit que la commission n’est pas un tribunal et a son mandat, notant en outre que la commission n’a pas été limitée par ce qui a été dit en public.

“L’ordonnance provisoire devrait recevoir l’interprétation dans le contexte où elle est écrite”, soutien-t-elle.

Plus loin, elle postule qu’il n’y avait rien de suffisant devant la commission pour annuler son ordonnance.

À ce stade, l’avocate Mary Samba se lève et répond à la commission que si l’avocate principale disait que l’ordre n’affecte pas son client, qu’il soit rendu ce 30 octobre.

Jammeh, l’absent le plus présent

Prenant la parole, Amabou Samba  déclare qu’il connaissait l’ancien président depuis 1994 par l’intermédiaire de Pierre Kujabi, un architecte sénégalais.

Il postule qu’il a commencé à interagir avec l’ancien président au début de sa vie d’entreprise.

M. Samba ajoute qu’il avait également officié à l’hôpital de Serrekunda et à l’aéroport.

Il dément le fait que les gens disent que l’ancien président lui donnait des contrats et c’est pourquoi il a fermé son entreprise.

ILrévèle  qu’il détenait des actions de Gacem et que son pourcentage était de 50% et que M. Bazzi détenait également 50% des parts.

Il  renseigne qu’il a vendu une partie de sa part et il ne lui reste que 20%.

M. Samba de déclarer qu’il avait 12% à la GTBank et que Gamwater ne fonctionnait pas, parce qu’ils avaient des pertes.

Il  révèle aussi qu’il détenait 30% des actions d’une autre société pour la raffinerie d’huile végétale, ajoutant que Muhammed Bazzi avait reçu la part de Hussein Zenedin.

On lui demande des explications sur une directive du bureau de l’ancien président de payer à sa compagnie, Gamveg, un solde de $ 700,000.

En réponse, il declare qu’il n’avait pas été mis en jeu lorsque 700 000 dollars ont été versés à M. Gamveg, ajoutant que M. Bazzi et lui avaient chacun 50% de parts dans l’entreprise.

M. Samba ajoute qu’il n’était pas impliqué dans la gestion de Gamveg, dissant que Fadi Mazegy était le directeur général de la société.

À ce stade, les documents relatifs à son entreprise et à ses partenaires commerciaux ont été déposés et admis comme preuve.

On lui indique qu’il y avait un prêt de 200 000 $ mais il répond qu’il n’était pas au courant, ajoutant qu’il n’était pas signataire du compte

M. Samba de conclure qu’il n’avait jamais reçu de relevé bancaire dudit compte, ajoutant qu’il n’y avait jamais eu de réunion du conseil d’administration à Gamveg, et qu’ils se sont rendus compte qu’il y avait un concours et qu’ils ont décidé d’arrêter l’affaire.

Traduction : Amadou Barry

Author: Auteur: Dawda Faye