Agriculture: inquiétante découverte d’insectes ravageurs en Gambie

Friday, December 29, 2017

L’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA) a confirmé à l’Institut National de Recherche Agricole de Gambie, la présence d’insectes ravageurs appelés Fall Army Worm (FAW) dans le pays.  L’espèce appelée FAW (Spodoptera frugiperda), sont des insectes  originaires de l’Amérique. Ils sont  signalés dans plus de 20 pays d’Afrique, où ils ont provoqué une destruction de certaines cultures vivrières. Dans le passé, il a été observé qu’ils détruisent les céréales comme  le maïs, mais aussi d’autres cultures bien de chez nous.

Lors d’une rencontre organisée par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), samedi dernier, Landing Sonko, directeur des services de protection des végétaux en Gambie (PPS), a déclaré que ces insectes ont été observés pour la première fois en terre gambienne, notamment à Kembujeh, Radville Farm et à Bakau. L’échantillon a été prélevé dans  un potager avec un dommage significatif de 60%  sur la récolte de maïs.

Selon les statistiques, ces insectes se nourrissent de 80 espèces de cultures différentes, à l’exception du manioc et infestent  gravement le maïs. Ils mangent des feuilles, des fleurs et des fruits des plantes. Les dommages sont graves sur les plantes sur le long terme: les champs  touchés pourraient avoir des pertes de 100%.

Selon Sonko, ces espèces ont été expérimentées au niveau de la NARI. “Le résultat a été confirmé plus tard par l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA). Une visite a été effectuée dans certaines fermes et eils ont été observés dans bon nombre de fermes visitées. “On ne peut pas encore confirmer la manière dont ces parasites dangereux ont été introduits dans le pays, mais il a été observé pour la première fois dans la Région Ouest. “Ils ont la capacité de contaminer  tout le pays très rapidement”, s’inquiète-t-il.

D’après les scientifiques, ils peuvent  pondre des œufs d’environ 1000 et éclore en 3-5 jours (sous 20-30 degrés Celsius). Les larves sont de couleur verte-claire avec des rayures longitudinales. Les grandes larves sont décrites comme étant caractérisées par une forme en “Y” inversé sur la tête.

En Gambie, le maïs pourrait être classé comme le troisième aliment de base après le mil et l’arachide.

 Dr Mustapha Ceesay, de la FAO, d’informer  que ces insectes sont apparus pour la première fois en Afrique centrale et occidentale fin 2016. Ils se sont  propagés à travers de nombreux autres pays africains et devraient l’être davantage.

Dr Ceesay d’indiquer que ces insectes dénommés  FAW, au stade adulte sont capables de parcourir plus de 1000 km par nuit et ont le potentiel de causer des dommages sérieux aux cultures vivrières. “Il est prudent que la Gambie prenne conscience des menaces en sensibilisant toutes les parties prenantes du secteur. Il est également important de préparer un plan stratégique national pour faire face à cette invasion, conseille-t-il.

Dr. Ceesay fait valoir qu’à moyen terme, la FAO soutiendra les pays africains dans leur lutte contre cette menace, en  collectant des données fiables. Tandis que sur le long terme,  l’utilisation de l’approche agrosystème qui inclura le développement des systèmes agricoles sera privilégiée.

“Le Ministère de l’Agriculture soutenu par la FAO et les personnels ont été formés à la surveillance et il a été découvert qu’ils (les insectes) sont  présents dans  toutes les régions du pays. La FAO continuera d’aider le gouvernement et le Ministère de l’Agriculture à les circonscrire, rassure-t-il. “

Le directeur général de l’Agriculture, Sariyang Jobarteh qualifie cette découverte de “dangereux”, mais  déclare-t-il,  la Gambie prend des mesures importantes pour s’attaquer aux risques qu’ils représentent pour les cultures. “Le Ministère de l’agriculture et la FAO ont créé un groupe de travail pluridisciplinaire, ajoute-t-il.

Selon  Jobarteh, la Gambie est en train d’élaborer des stratégies pour atténuer les dégâts. “Nous allons également intensifier les campagnes de sensibilisation sur l’utilisation des pesticides”, conclut-il.

Author: Amadou Barry
Source: Photo d’illustration