Actualité nationale: Polémique autour d’une demande d’octroi d’une licence de télévision privée par la communauté chiite, sur fond de sectarisme religieux

Wednesday, February 14, 2018

Les membres d’Ahmadiyya Muslim Jamat (la communauté chiite du pays) s’inquiètent des discours haineux dont ils font l’objet de la part des responsables musulmans traditionnels, de la branche sunnite dans ce pays à majorité musulmane. Tout est parti d’une demande d’octroi d’une licence d’exploitation de télévision. Le Conseil supérieur islamique, sunnite a exhorté les autorités à rejeter cette demande. La polémique enfle, hier, un haut dignitaire religieux martelait que “si le président Barrow priait avec les chiites, il n’aura pas de deuxième mandat”. Un appel au “boycott total” de leurs hôpitaux et écoles a été lancé.

Dans une vidéo publiée en ligne, la semaine dernière, Abdoulaye Fatty, ancien imam de la mosquée du palais présidentiel sous Yayha Jammeh, menaçait que les musulmans traditionnels formeraient un parti politique pour s’opposer au président Adama Barrow, s’il allait prier dans une mosquée Ahmadiyya.

 Ces déclarations de l’imam Fatty et du conseil islamique de Gambie ont été condamnés par plusieurs activistes, dont des acteurs de la société civile.

Le secrétaire général de la Gambia Press Union (GPU), le syndicat des journalistes gambiens, Sekou Jammeh déclare avoir reçu une série d’enregistrements audio menaçants de divers responsables religieux, dénonçant la communauté l’Ahmadiyya Muslim Jamaat.

 Comme réplique, la GPU a publié un communiqué, soulignant que refuser une licence d’exploitation de télévision à la communauté chiite pour les raisons avancées serait inapproprié dans un Etat laïc comme la Gambie. Le syndicat des journalistes exhorte les journalistes et les organes de presse à ne pas utiliser leurs plateformes pour diffuser des discours haineux contre quelconque groupe religieux ou social que ce soit.

Madi Jobarteh, responsable des programmes de l’Association des ONG gambiennes, a déclaré que les actes posés par le Conseil supérieur islamique étaient “inconstitutionnels” et une “menace directe pour la paix et la stabilité du pays”.

“Ils sèment les germes de la division et de l’intolérance religieuse qui sont des terreaux fertiles pour l’extrémisme et la violence que nous voyons dans le nord du Nigeria avec Boko Haram ou en Somalie avec Al Shabab”, a affirmé M. Jobarteh.

 “Le ministre de la Justice doit faire des recommandations au ministre de l’Intérieur et au président pour que des mesures soient prises contre le Conseil suprême islamique. Le ministre de la Justice ne peut rester silencieux pendant que la police ne protège pas les Gambiens”, a-t-il estimé. 

Source: Picture: Amir Baba Trawally, guide religieux chiite de Gambie