Actualité nationale Darboe hué à Faraba

Friday, June 22, 2018

Mardi soir, le ministre des Affaires étrangères gambien, Oussainou Darboe s’y est rendu. Sa délégation a été reconduite sous les huées et le caillassage de son cortège.

Pour les populations, ce n’est pas leur interlocuteur et il a fallu près de 48 h pour que les autorités songent à s’y rendre.

Au lendemain du drame de Faraba, localité située à cinquantaine de kilomètres de Banjul et qui a fait 2 morts et une vingtaine de blessés, dont plusieurs graves, le calme est revenu sur les lieux. Les impacts des violences du lundi sont toujours visibles: plusieurs maisons ont été vandalisées, d’autres réduites en cendre.  Le village fait son deuil dans l’amertume en attendant la restitution des corps. Les habitants déplorent la tuerie des leurs et l’absence des autorités régionales et étatiques qui ne s’y sont toujours pas rendues. Ils exigent justice et la fin de toute exploitation minière dans la zone.

Il faut dire qu’en Gambie, la polémique enfle autour de ce sujet. Hier, le président de la République s’est adressé à la nation dans un message télévisé, pour rassurer l’opinion que tout sera tiré au clair et qu’une enquête a été ouverte.

Joint par téléphone ce matin, une de nos sources dans la zone sinistrée affirme que les populations restent encore sceptiques. Par ailleurs, hier, l’armée gambiennne s’est déployée sur le terrain. Comme quoi, le calme qui y règne est encore relatif.

Arrestations en cascade

La police a déclaré, mardi avoir arrêté cinq officiers et suspendu leurs services dans le cadre de l’affrontement de lundi entre les villageois de Faraba Bantang et le personnel de l’Unité d’intervention de la police (PIU) qui a conduit à l’assassinat de deux personnes. Ils ont également déclaré qu’une enquête a été ouverte.

Un communiqué du directeur de la police (IGP) a déclaré que deux commandants sur le terrain, Spt. Baboucarr Cham et Assistant Spt. Musa Fatty et trois autres membres - Nuha Colley, Momodou S. Jallow et Musa Badjie ont été arrêtés et sont actuellement en détention. Ils ont également annoncé l’arrestation de certains civils, dont Ousman Jassey, Sunkaru Jarju, Bakary Badjie, Salifu Darboe et Modou Kujabi, et des pourparlers sont actuellement déployés pour leur accorder une libération sous caution.

Le président Adama Barrow a rendu visite, lundi aux victimes qui ont été blessées dans les incidents au grand hôpital de Banjul où il a condamné le meurtre et a promis que son gouvernement enquêterait sur l’affaire et traduirait les auteurs en justice. Il a également été informé de l’arrestation de certains civils de la communauté et a depuis donné l’ordre de les libérer.

 

La police a déclaré avoir ouvert une enquête sur les circonstances qui ont conduit à ce malheur. Les conclusions préliminaires indiquent que Bakary Kujabi et Ismaila Bah ont été abattus par balle alors que six civils et seize policiers ont été blessés.